Leçon numéro 1 : on se détend

Vous trouvez le monde de la dégustation intimidant et compliqué ?

Détendez-vous. Quand vous allez découvrir la règle fondamentale de la dégustation, vous vous rendrez vite compte que souvent dans cet univers, l’apparente complexité se résout par l’évidence.

Règle 0, LA règle, la base, en un mot : le fondement

Bonjour jeunes ignorants. Je ne vais pas tortiller de l’arrière-train pour marcher droit. Entrons de suite dans le vif du sujet, nous n’avons pas de temps à perdre !

Êtes-vous prêts à vous faire le réceptacle du seul, de l’unique, du Grand Secret de la dégustation ?

Attention… Tada ! : Sans bouteille, pas de dégustation.

 

Tout débutant que vous pouvez être, vous vous demandez certainement si, à cet instant précis, je ne me foutrais pas un peu de votre gueule.

Bravo, cela signifie déjà que vous faîtes preuve d’esprit critique ; essentiel pour la dégustation (5 points pour la réponse).

Je suis conscient qu’un certain nombre d’entre vous se disent : « Et voilà, il nous promet monts et merveilles et accouche d’une souris». Quelques-uns entrevoient peut-être même l’utilisation alternative qu’ils pourraient faire de ladite (et non dans ce cas la dive) bouteille sur ma personne. Et je n’ose imaginer leur réaction si j’avais précisé : Sans bouteille pleine, pas de dégustation.

Il me paraît donc opportun de rappeler ici l’intitulé de la présente leçon : On se détend (et on pose cette bouteille).

Grand 1 petit A

Quitte à me prendre des gnons, j’aimerai quand même bien y revenir à cette histoire de bouteille (vous me trouvez odieusement persévérant ? Bien, vous venez de relever la deuxième qualité que doit développer le dégustateur ; 5 points).

Parce que si on y réfléchit bien vous pouvez manier parfaitement le vocabulaire de la dégustation, posséder les meilleurs verres, être doté d’un tarin de premier ordre, sans distillat tout cela n’est rien.

Force vous est de constater l’absolue nécessité de cette bouteille (pleine, de calvados). La règle « Sans bouteille, pas de dégustation » est bien consubstantielle de l’Art de la dégustation ; nous l’appellerons dorénavant L’Elémentaire.

Et sous son apparente évidence, L’Elémentaire vous place à présent face à un problème de taille.

Qui dit « Sans bouteille, pas de dégustation », ne demande-t-il pas au fond : « Ne serait-ce pas le moment d’aller en acheter une ? ». Vous voyez où je veux en venir ?

Non ?

Je vais vous le dire, moi : vous êtes dans une sacrée m… !

Je vous accorde que question références, le calvados ce n’est ni le vin ni le whisky. Mais croyez moi, il y en a suffisamment sur les étals des marchands spécialisés ou des sites internet pour qu’au moment d’avoir à se décider vous soyez pris de panique.

Alors, on choisit lequel maintenant ??

Tétanisé devant le rayon c’est à ce toquard de prof chargé de crasses évidences (c’est-à-dire moi), que vous adresserez votre ultime prière : « Mais qu’est-ce qu’il a dit déjà ce con à propos de…

…comment (bien) choisir sa première bouteille de calvados ? »

Inutile de vous creuser la tête parce qu’il n’a dit rien. Le con.

Il a simplement conclu le cours en vous annonçant que ce sujet passionnant, et au combien déterminant, « Comment (bien) choisir sa première bouteille de calvados », serait traité lors de la prochaine session.

 

Il a bien précisé (un sourire narquois aux lèvres) qu’il ne fallait y voir aucune mesquinerie de sa part, qu’il fallait considérer davantage cela comme une continuation de la leçon ;

« -  Vous sentez ce petit sentiment de frustration ? (Bingo ! 5 points !) C’est l’apprentissage qui se poursuit : oui, dégustation rime parfois avec frustration ».

« Et si je vous dis : Patience ? » a été sa dernière question.

Dépité un élève a répondu : « On a encore gagné 5 points…? » 

 

 

P.S : à la fin du cours, inutile de faire la queue à mon bureau, bande de geignards, y’a rien à gagner.

Questions, réponses, c’est bibi qu’a tout fait ; vous n’aurez pas un point ; rien, nada, walou, que dalle !

Mr F.

Ce qu’il fallait retenir :

- L’Elémentaire : « Sans bouteille, pas de dégustation ».

- Esprit critique, persévérance et patience sont trois piliers de la dégustation.

- Bébert, Roger et Dédé sont trois piliers de bar.

- Le monde de la dégustation peut faire naître un sentiment de frustration, il faut savoir le dépasser.

- Oui, il le faut (d’autant plus si vous voulez suivre la deuxième leçon).

- Ce qui paraît compliqué peut se révéler simple, ce qui paraît simple peut se révéler complexe.

- On se détend.

- Ce n’est pas tant le but que le chemin parcouru pour l’atteindre qui est important.