Une brève histoire du calvados - Les Temps Modernes

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Dans l'histoire du calvados, la période comprise entre 1492 et la Révolution, communément appelée les Temps Modernes, marque pour beaucoup la naissance de l'eau-de-vie  de cidre normande que l'on appellera calvados. Si cela n'est pas clairement attesté, il est irréfutable qu'en Normandie on s'agite sous les pommiers.

En 1499

Pour service rendu à Louis XIII, un jeune seigneur basque venant de Biscaye, Guillaume d’Ursus, est autorisé à acquérir le domaine de Lestres près de Saint-Vaast dans le Nord Cotentin.

Sur ce domaine, il fait planter des espèces de pommiers provenant de sa province natale.

A partir de 1500

La surface consacrée à la plantation des pommiers s’étend en Normandie. 

Les techniques de culture s’améliorent et les propriétaires de vergers se voient imposer des obligations d’entretien de leurs vergers.

Ces évolutions entrainent une amélioration notable de la qualité des cidres produits.

Vers 1500

L’apothicaire allemand Hieronymus Braunschweig publie dans son ouvrage Liber de arte distillandi de simplicibus la première description imprimée des techniques de distillation.

En 1532

Le fils de Guillaume d’Ursus offre à François Ier, alors en visite à Morsalines, du cidre « d’épicé ». Celui-ci s’en délecte.

Entre 1549 et 1562

Lieutenant des Eaux et Forêts pour la vicomté de Valognes, Gilles de Gouberville rédige un journal où il décrit sa vie de gentilhomme du Nord-Cotentin. 

Dans ce Livre de raison, il décrit ses plantations et ses cultures, il y est donc question de la conduite des vergers. 

On y apprend qu’il n’hésite pas à se procurer les meilleures variétés de pommes chez ses voisins pour ses greffes et, surtout, qu’il va à Morsalines pour chercher des greffes de pommiers dits « pomme d’espice ».

Il y est également question de distillation. Cependant il est impossible de certifier qu’il est question de distillation d’eau-de-vie de cidre comme le prétendent de nombreux ouvrages.

Pour leurs auteurs lorsque Gilles de Gouberville mentionne dans son journal l’achat de matériel destiné à la distillation, en 1553, cela fait de lui le premier distillateur de cidre connu. 

Et c’est tout naturellement que ces mêmes auteurs lui attribuent la paternité de l’eau-de-vie de cidre, et donc du calvados.

En 1573

Le Paulmier, un médecin normand établit à Caen au début du XVIe siècle, publie son Traité du sidre. Dans cet ouvrage il mentionne que le cidre est pratiquement inconnu en Haute-Normandie où la boisson quotidienne est la bière.

Selon Emmanuel Le Roy Ladurie, Professeur au Collège de France, la pomme n’est sans doute pas utilisée pour la distillation avant le XVIIe siècle.

En 1606

Les distillateurs d’eau-de-vie de cidre de Normandie s’établissent en corporation.

Vers 1623

Selon Le Paulmier, en l’espace de 50 ans le cidre est devenu une boisson courante en Normandie. C’est dans le Cotentin qu’il estime que sont produits les meilleurs cidres.

En 1651

Le docteur John French publie le premier traité anglais sur les techniques de la distillation.

En 1713

En France, seules les eaux-de-vie de vin sont autorisées à circuler ce qui cantonnent les eaux-de-vie de cidre dans les provinces productrices : Normandie, Maine et Bretagne.

En 1790

Le nom de Calvados est adopté par les députés pour leur département.

Après la Révolution

Les frontières fiscales entre les régions sont abolies.

Grâce à cela mais aussi au développement des voies de communication et à la proximité de la capitale, l’eau-de-vie de cidre normande se fait un nom à Paris où l’on commence à l’appeler calvados.