Une brève histoire du calvados - Le XIXe et le XXe siècle

Deux Guerres Mondiales, des hauts, des bas, trois AOC, en un siècle le calvados passe d'alcool à spiritueux.

Dans les années 1870

La crise du phylloxéra ravage les vignobles français. L’arrêt de la production de cognac et d’armagnac profite au calvados.

En 1878

Pour la première fois le mot calvados, désignant l’eau-de-vie normande, apparaît en littérature dans le roman La joie de vivre d’Emile Zola.

Au cours du XXe siècle

Le calvados acquiert une réelle importance économique en Normandie. 

A partir de 1914

Avec la Première Guerre Mondiale débute la période dite de « l’alcool d’Etat ». Les besoins de l’armée en alcool (pour la fabrication d’explosifs, pour les carburants et pour remonter le moral des troupes) sont considérables. Le manque de main d’œuvre dans les vignes et les cultures rend rares les alcools de vin et de betteraves.

L’Etat fait donc appel aux producteurs d’eau-de-vie de cidre pour répondre à la demande.

Il ne s’agit plus de produire de la qualité mais bien en quantité ; les gestes, les techniques, le savoir-faire de la distillation et du vieillissement ont tendance à se perdre.

En 1938

La production d’eau-de-vie de cidre atteint 400 000 hectolitres d’alcool pur (AP), en 1910 elle était de 35 000 hectolitres d’alcool pur.

En 1941

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’occupant allemand instaure la loi sur le monopole des achats. Cette loi autorise la réquisition de toutes les eaux-de-vie, à l’exception des eaux-de-vie d’appellation d’origine et des alambics servant à les distiller.

Les alambics du Pays d’Auge, qui ressemblent aux alambics charentais protégés par l’Appellation d’Origine Contrôlée Cognac, échappent à la réquisition et par la même à la refonte de leur cuivre pour fabriquer des armes.

Le 23 février 1942

Les producteurs de calvados du Pays d’Auge obtiennent l’Appellation d’Origine Contrôlée récemment demandée. 

Les calvados qui sont produits dans les autres zones sont, eux, classés en Appellation d’Origine Réglementée ce qui leur permet également d’échapper à la réquisition.

Après la guerre et jusqu'en 1956

Dans une perspective productiviste, l’Etat encourage et soutient le « verger stratégique ». 

La politique de primes à l’arrachage des pommiers qui en découle entraine l’appauvrissement des variétés de pommes et la disparition de vergers entiers.

En 1956

La licence qui permet de faire bouillir son cidre n’est plus renouvelée à partir de cette année.

En 1966

Le Bureau national interprofessionnel des calvados et eaux-de-vie de cidre (le BNICE) est créé.

Dans les années 1980

La production cidricole est relancée. Cela passe par la restructuration des vergers (plantation en vergers basse-tige) afin de permettre une culture intensive et mieux adaptée aux contraintes agricoles modernes.

En 1984

L’appellation d’origine réglementée Calvados est promue Appellation d’Origine Contrôlée. Elle est assortie de 9 dénominations géographiques, parmi celles-ci se trouve la dénomination Calvados Domfrontais.

En 1997

Première édition des Trophées Calvados Nouvelle Vogue.

En 1997

L’aire géographique de production de l’AOC Calvados est réduite de 40% dans un souci qualitatif.

Le 31 décembre 1997

Le Calvados Domfrontais obtient l’Appellation d’Origine Contrôlée.

En janvier 2002

Le BNICE est remplacé par l’IDAC, l’Interprofession des appellations cidricoles, qui comprend trois sections : calvados, pommeau, cidre et poiré.

En 2015

Révision et homologation des cahiers des charges des trois AOC Calvados.