Une brève histoire du calvados - Le Moyen-Âge

L alchimiste par David Teniers The Younger

Souvent considéré comme un âge sombre, le Moyen-Âge est pourtant empreint de lumière. Par leur travaux concrets et par leur philosophie, les alchimistes synthétisent les préoccupations d'une époque où l'on cherche à comprendre en expérimentant.

Vers 600

La distillation du vin est pratiquée en Chine.

Vers 700

Les alchimistes du Moyen-Orient pratiquent la distillation pour la fabrication de parfums et d’alcool.

 

Un alchimiste d’origine arabe, Jâbir ibu Hayyân (plus connu en Occident sous le nom de Geber) décrit les vapeurs d’alcool se formant au sommet des bouteilles contenant du vin qui bout.

Entre 790 et 1030

Les vikings sont présents en Normandie ; ils consomment une boisson alcoolisée et sucrée élaborée à partir d’une fermentation de fruit appelée « beor ».

Vers 800

« Shakkar » mot araméen désignant une boisson alcoolisée différente du vin devient « sicera » en Espagne.    

Entre 801 et 873

Un médecin alchimiste de Bagdad, Al-Kindi, fabrique des essences de rose.

En 862

Des allées de pommiers autour de l’abbaye de Saint-Wandrille sont mentionnées dans un titre foncier.

 

Recensant les fruits et les légumes devant être cultivés dans les jardins de Charlemagne, le capitulaire « De Villis » délivre des conseils et des consignes sur la plantation, le greffage et l’entretien des pommiers.

Vers 1000

Abulcassis, un médecin et chirurgien de Cordoue, perfectionne les méthodes de distillation de l’eau de rose et du vin. Avec la distillation du vin, apparaît l’aqua vitae.

A partir de 1100

Il est fait mention de « sildre » dans l’ouest de la France.

Vers 1200

En Italie, Taddeo Alderotti, un médecin de Florence, décrit la distillation fractionnée (ce que nous appelons aujourd’hui la distillation à repasse) et le refroidissement au moyen d’un serpentin plongé dans l’eau, ce qui permet la condensation des vapeurs alcooliques.

 

La présence d'alambics est attestée en Irlande.

 

Selon Guillaume le Breton, poète de son état, ce sont les pommes de la région de l’ouest de la Neustrie qui permettent de produire une « boisson appréciée » (le cidre).

Vers 1270

Jean de Meung fait mention de l’alambic dans son Roman de la Rose : « Je vois maintes fois que tu plores cum alambic sus alutel ».

A partir de 1300

La qualité des pommes s’améliore. Cultivant des pommiers en Biscaye, les rois de Navarre importent en Normandie un grand nombre de plants.

 En Normandie, le pommier est appelé « Bisquait », du nom de la province espagnole. Une dénomination qui désigne encore une variété de pommes à cidre aujourd’hui.

Vers 1300

Arnaud de Villeneuve (1240-1311), médecin, théologien et alchimiste Catalan, écrit dans son Antidotarium : « Parmi les médicaments, certains sont distillés ; à partir d'un vieux vin rouge, de l'aqua ardens est distillée, qui éloigne fortement la paralysie, diminue la pléthore et guérie rapidement les blessures récentes... ».

En 1310

Dans un ouvrage de médecine intitulé Livre très utile pour conserver la santé et rester en bonne formeMaître Vital Dufour, prieur franciscain d’Eauze et de Saint-Mont dans le Gers, cite les quarante bienfaits de l’Aygue Ardente, que l’on nomme aujourd’hui armagnac.

Cet ouvrage conservé dans les archives du Vatican fait de l’armagnac la plus vieille eau-de-vie de France.

A partir de 1400

Des échanges étroits s’instaurent entre l’Espagne et la Normandie où des gentilshommes achètent fort cher du cidre que les navires espagnols débarquent dans les ports de la Manche..

Des pressoirs apparaissent dans les manoirs normands.

 

Les techniques de la distillation et les types d’alambics se multiplient.

En 1411

La commercialisation de l’armagnac est attestée.

En 1440

Avec son Confidentia Aqua Vitae, Michel Savonarole décrits les avancées dans le domaine de la distillation : importance primordiale du serpentin pour condenser les vapeurs alcooliques, introduction de l’usage des cucurbites en verre pour obtenir des eaux-de-vie plus parfaites, vertus de l’eau-de-vie…

Après la guerre de Cent Ans (1337-1453)

Démarre pour la France une période de prospérité ce qui favorise une production plus qualitative.

En Normandie, châteaux et manoirs fleurissent, notamment dans le Pays d’Auge. Ils s’accompagnent de vergers.

 

Tout au long du Moyen-Âge, on constate que la culture des pommiers se concentre là où l’on trouve des sols argileux, peu caillouteux et riches en potasse ; la suprématie de la Normandie ne tarde pas à être reconnue.