Retour sur les Trophées des Calvados Nouvelle Vogue 2017

Yoanna Bouquet reçoit son trophée ©F.FromentinLa petite sirène est française

Après de longues années de disette, Yoanna Fouquet a conjuré le sort lors de la 21e édition des Trophées Internationaux des Calvados Nouvelle Vogue permettant à la France de conserver pour une année le trophée suprême (catégorie barman pro) sur son sol.
Pour dominer l’Europe des cocktails à base de calvados, Yoanna a dû (con)vaincre par deux fois. Et ce fut épique !

Premier acte : le combat fratricide

Le soleil éclairait à peine la surface bleutée, blanchie de remous saccadés, lorsque, depuis la salle de spectacle du théâtre de Granville, retentirent les premiers heurts.
La cité était en fête et l’on se pressait pour voir les combatt… les concurrents, effectuer leurs premières passes de shaker.
Bien sûr, la grande confrontation, celle que tout le monde attendait avec impatience, aurait lieu dans l’après-midi cependant, les duels fratricides dont la salle de spectacle était le théâtre avaient ce goût de calvados qui attire les foules.

Les mains tremblent, le concours commence ©F.Fromentin

C’est la bleusaille, comprenez les élèves en formation bartender, qui occupa tout d’abord la scène. Peu rompu aux affrontements de ce type, mains tremblantes et regards apeurés, les pauvres matelots étaient jetés en pâture au public par salves de cinq.
Ceux qui, hier encore, pouvaient être amis ou bien collègues, n’étaient plus à cet instant qu’adversaires. La finale Nationale était engagée.
Au vu des coups portés, il est évident que nombre de ces jeunes pousses ne tarderont pas à rejoindre les rangs des combattants aguerris auxquels ils firent place.
Pour avoir une idée de l’intensité de la confrontation qui opposa ensuite les barmen professionnel français, il suffit de s’imaginer nos petits jeunes du paragraphe précédent un peu plus vieux mais moins tremblant, plus précis et plus à l’aise.
Lorsque le soleil atteignit son zénith printanier, une coupe s’éleva finalement parmi toutes les autres.

Le cocktail qui remporte les finales ©F.Fromentin

Yoanna Fouquet, officiant à l’Ibis Thalassa de Quiberon, était armée en guerre. En effet, loin de baisser les shakers suite à sa deuxième place décrochée l’an dernier (lire notre reportage sur l’édition 2016), Yoanna s’est lancée à nouveau dans l’arène avec en tête une seule motivation : gagner cette finale nationale.

Deuxième acte : la mer à boire

L’histoire de Yoanna pourrait s’arrêter quelques mots plus loin. La candidate française, son premier objectif atteint, aurait pu se démobiliser mais Yoanna, elle, ce qu’elle aime, c’est se jeter dans le grand bain.
La France tenait bien là sa capitaine au long court du short drink qui, au milieu des 13 autres lauréats représentant chacun son pays, su manier sa barque de main de maître.
« Maintenant que j’y suis, on va y aller » pour toute devise, la représentante française a su faire chavirer les papilles des membres du jury et éviter les écueils d’une telle compétition.
Précisons qu'avec son cadre de vie pour thème, « La mer, le bord de mer », la barmaid de l’Ibis Thalassa de Quiberon n’a pas dû manquer d’inspiration. 

L'originalité n'est pas que dans le verre ©F.Fromentin

Mais voilà, encore fallait-il éveiller chez les dégustateurs cette mémoire de la mer. Si le talent de chaque participant assurait aux jurys de ne pas boire la tasse (certains ont cependant bu à la boîte de conserve), le verre-mer de Yoanna est la toile, ou plutôt la voile, qui a su faire voguer le plus loin leur imaginaire.
Calvados, jus de litchi, sirop de caramel au beurre salé, citron vert frais et bière Morbraz ambrée (élaborée avec de l’eau de mer puisée au large de Groix) sont les ingrédients de ce voyage aux flaveurs sucré-iodé.
La justesse de cet équilibre semble avoir embarqué les papilles du jury, à contrario des autres candidats restés eux sur le quai, la langue asséchée par la note très salée que leur laisse Yoanna. En effet, elle ne repart pas avec deux mais bien trois trophées. Non contente de terminer à la première place de la finale nationale et de la finale internationale, la barmaid de 35 ans s’adjuge également le prix de la Ville de Granville, ce qui signifie que son cocktail sera servi lors des réunions officielles de la ville.

Troisième acte : ça déchire sa mer !

Partie à l’abordage d’un trophée qui échappe à la France depuis de nombreuses années, Yoanna Fouquet n’a pourtant pas grand chose à voir avec les bandits des mers. Agréable et souriante elle est, pour une année, la fière capitaine du bateau de croisière Trophées Calvados Nouvelle Vogue.
S’il m’a fallu user de la métaphore guerrière et donner un caractère épique au récit pour capter votre attention, cela n’avait qu’un seul but, vous tenir en lecture suffisamment longtemps pour que vous lisiez les prochaines lignes (oui, je sais, c’est fourbe).
Car, pour tout vous avouez, les Trophées Nouvelle Vogue sont presque tout l’inverse de ce qui a été décrit. Bien plus qu’une compétition, ils sont une manifestation ; la manifestation d’un engouement pour le calvados et d’un moment de partage.

Une compétition oui mais placée sous le signe du partage ©F.Fromentin

Quoi de plus rafraîchissant que de voir des jeunes et des moins jeunes (et même des carrément vieux) venus de 14 pays différents échanger ou transmettre leur intérêt pour le spiritueux normand ? Ce grand raout européen prouve à lui seul le dynamisme de l’eau de vie de cidre aux trois A.O.C et que ce n’est pas le produit qui est démodé, c’est l’image que s’en font les consommateurs français.
Pour terminer cet article et illustrer mon propos, je retranscrirai simplement l’exclamation d’un jeune (en formation barmen probablement) goûtant un calvados tonic : « Wahou ! Ça déchire sa mère ce truc ! ».

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